Activités

Cartable numérique : première guerre mondiale

A) LE DÉROULEMENT DE LA "GRANDE GUERRE" : DE LA MOBILISATION GÉNÉRALE AUX FÊTES DE LA VICTOIRE

La situation en 1914

En 1914 les tensions internationales sont très fortes, les plans de chaque état-major sont prêts : plan " Schlieffen " allemand de 1894 le plan " XVII " de 1913 que le général Joffre doit appliquer.

Ces documents peuvent permettre d’évoquer l’état d’esprit des Français avant le conflit. Plusieurs questions peuvent s’envisager. Ont-ils conscience de ce qui se prépare ? Sont-ils d’humeur belliqueuse ? Les préoccupations de la vie quotidienne ne les éloignent-elles pas de la politique internationale et de l’Alsace-Lorraine ?

Il semble que les mobilisés, s’ils ne sont pas partis dans leur immense majorité " la fleur au fusil " pour reconquérir les provinces perdues très loin de leurs préoccupations quotidiennes, ont quitté leurs familles pour défendre la patrie attaquée sans enthousiasme particulier mais avec la volonté d’accomplir leur devoir. Il s’agit pour certains historiens d’un " consentement patriotique " relativisé par d’autres chercheurs.

Bonne année 1914 – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1913-1914], 1 Fi 4591, recto.
©Girons Alain pour les Archives départementales – Conseil départemental des Landes

Bonne année 1914

Bonne année 1914 – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 x 9 cm (support), [1913-1914], 1 Fi 4591, verso.
©Girons Alain pour les Archives départementales – Conseil départemental des Landes

Bonne année 1914

1er avril, fille au bouquet et poisson – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914], 1 Fi 4592 recto.
©Girons Alain pour les Archives départementales – Conseil départemental des Landes

Poisson d’avril 1914

1er avril, fille au bouquet et poisson – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914], 1 Fi 4592 verso.
©Girons Alain pour les Archives départementales – Conseil départemental des Landes

Poisson d’avril 1914

Les alliances

L’entente franco-russe a été signée en 1892 et ratifiée par le président Carnot et Alexandre III. Après l’ "Entente cordiale" de 1904 avec le Royaume Uni, la "Triple entente" a été signée en 1907. La "Triple alliance" ou "Triplice" avait été signée en 1882.

Ce document permet de présenter le système des alliances aux élèves. Il faut remarquer l’expression d’ "œuvre sainte" qualifiant la guerre et donc souligner l’alliance entre la très laïque république et la "sainte Russie".

La France et la Russie – 1 impression photomécanique (carte postale), noir et blanc ; 14 × 9 cm (support), s.d., 1 Fi 4637.
©Girons Alain pour les Archives départementales – Conseil départemental des Landes

Union franco-russe

Les déclarations de guerre

L’Allemagne a déclaré la guerre à la Russie le 1 août. Les accords impliquant le secours mutuel en cas d’agression, la France a décidé la mobilisation générale le 2 août et l’Allemagne lui a déclaré la guerre le 3 août.

Ce document peut montrer aux élèves l’enchaînement des décisions ayant entraîné le conflit et le rôle des alliances dans ce déroulement. Il faut remarquer qu’en France seulement 1,5 % des mobilisés n’a pas répondu à l’ordre de mobilisation générale.

Télégramme officiel adressé au Préfet, donnant l’ordre de mobilisation générale en date du dimanche 2 août 1914, RS 104.
©Girons Alain pour les Archives départementales – Conseil départemental des Landes

télégramme de mobilisation générale

Les premiers combats

Après la fulgurante attaque allemande d’août 1914 et la contre-attaque de la Marne la guerre s’enlise fin novembre 1914. De nombreux fronts apparaissent : Belgique, Artois, Champagne, Vosges, Argonne,… La " course à la mer du Nord" a échoué.

La bataille de l’Yser (octobre) et celle du saillant d’Ypres (novembre) préfigurent les batailles de la guerre dite de " tranchée ".

Le document permet de montrer la transition entre la guerre de " mouvement " et celle de " position ". Il faut remarquer le laconisme des communiqués officiels qui n’évoquent pas, par exemple, les pertes humaines.

" Dépêches officielles de la guerre " : extrait du Bulletin des communes du département des Landes. Affiche de texte noir sur fond beige, 25 novembre 1914. [Ed. Préfecture des Landes]. Mont-de-Marsan, Impr. Vve A. Dupeyron. 28,5 cm x 45 cm, 6 Affi 194.
©Girons Alain pour les Archives départementales – Conseil départemental des Landes

1914, dépêche officielle de la guerre

Heureuse année par un militaire – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914-1915], 1 Fi 4640 recto.
©Girons Alain pour les Archives départementales – Conseil départemental des Landes

Bonne année 1915

Heureuse année par un militaire – 1 impression photomécanique (carte postale), couleur ; 14 × 9 cm (support), [1914-1915], 1 Fi 4640 verso.
©Girons Alain pour les Archives départementales – Conseil départemental des Landes

Bonne année 1915

La résistance belge

Le premier août l’Allemagne a lancé un ultimatum à la Belgique pour qu’elle laisse passer ses troupes et a envahi le Luxembourg. L’ultimatum étant rejeté, l’Allemagne a déclaré la guerre à la Belgique et l’a envahie le 4 août entraînant l’entrée en guerre du Royaume-Uni. Le 20 août les Allemands sont arrivés à Bruxelles. Le roi Albert I a pris le commandement de l’armée et se retire sur le front de l’Yser avec ses troupes pour 4 ans. L’inondation des marais a permis alors de retarder l’avance ennemie vers la mer du Nord.

Le gouvernement belge s’est retiré à Saint-Adresse près du Havre.

Ce document montre la résistance belge malgré un pays envahi et une population souffrant des exactions allemandes qui s’expliquent en partie par le fait que les Allemands ne comprennent pas la résistance belge qui retarde l’application de leur plan.

" Gouvernement belge, contingent de l’armée, Avis ". Affiche de texte noir sur fond beige, en deux langues (français et flamand), [1916]. 44 x 51 cm, RS 713.
©Girons Alain pour les Archives départementales – Conseil départemental des Landes

mobilisation des Belges en France depuis le ministère  belge de l’Intérieur au Havre

Les troupes russes

En 1916 2 brigades russes (20000 hommes volontaires) sont arrivées à Marseille et ont combattu en Champagne (4400 morts). Après la révolution bolchevique, 400 se sont engagés dans l’armée française, les autres ont été travailleurs militaires ou envoyés dans un camp militaire en Algérie et ont été rapatriés à Odessa en 1919. Les alliés sont intervenus en avril 1918 (paix de Brest-Litovsk en mars) en Russie contre les Allemands et ont participé à des opérations contre les Bolcheviks après le 11 novembre par peur de la contagion communiste.

Ce document permet d’aborder la révolution bolchevik de 1917 et de montrer ses répercussions sur le déroulement du conflit. Il permet aussi d’évoquer la guerre civile en Russie.

Circulaire du ministre de la Guerre, concernant l’interdiction de la diffusion d’une proclamation des Commissaires du Peuple russe aux soldats russes en France, recto, 9 septembre 1918, RS 105.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

contrôle des contingents russes en France après la révolution bolchevique

Circulaire du ministre de la Guerre, concernant l’interdiction de la diffusion d’une proclamation des Commissaires du Peuple russe aux soldats russes en France, verso, 9 septembre 1918, RS 105.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

contrôle des contingents russes en France après la révolution bolchevique

Les troupes américaines

La guerre sous-marine à " outrance " voulue par le Kaiser a provoqué l’entrée en guerre des États-Unis après le torpillage entre autre du paquebot Lusitania avec 128 passagers américains à bord. L’opinion publique américaine a alors basculé vers la guerre. Les États-Unis sont entrés dans le conflit le 6 avril 1917 et les premiers contingents sont arrivés en France en octobre 1917 (au total 1,2 million d’hommes). La population française a été très impressionnée par l’organisation et l’équipement des américains (campements démontables,…) dont la présence a été importante dans les Landes avec par exemple des chantiers forestiers (coupe et débitage avec du matériel américain) comme à Pontenx-les-Forges ou la Croix Rouge américaine à Labouheyre.

En plus de l’arrivée des américains qui est un tournant de la guerre, le document permet de replacer le contexte historique et culturel des relations entre les deux pays depuis la guerre d’indépendance américaine et la Révolution française. Le colonel Stanton, aide de camp du général Pershing, se souvenait probablement des rôles joués par le marquis, Rochambeau et de Grasse en lançant " La Fayette nous voilà ! " en arrivant en France.

" Fêtes nationales des Etats-Unis et de la France " : Circulaire du ministre de l’Intérieur, J. Pams aux préfets. Affiche de texte noir sur fond beige, 28 juin 1918. Ed. Préfecture des Landes. Mont-de-Marsan, impr. Vve Dupeyron. 73 x 55 cm, Rs 105.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

1918, arrivée des Américains, pavoisement de la France le 4 juillet pour les remercier.

L'armistice

Elle a été signée dans un wagon placé dans la clairière de Rethondes de la forêt de Compiègne dans l’Oise. Les clairons ont sonné le " cessez-le-feu "à 11h. du matin le 11 novembre 1918. Etaient présents d’une part  Foch, Weygand, l’amiral anglais Wermyss. Et d’autre part le ministre M. Erzberger et le général major von Winterfeldtl.

Après l’échec de la contre-offensive de juillet 1918, Guillaume II a compris que la défaite était inéluctable et il a nommé le prince de Bade, un modéré, le 3/10 pour mener les négociations. Le 3/11 des marins se sont mutinés à Kiel entraînant des ouvriers et de Bade a demandé au Kaiser d’abdiquer le 9/11 pour éviter la guerre civile.

Poincaré et Pétain voulaient poursuivre la guerre pour écraser l’Allemagne, (Poincarré pensait même que la cessation des combats couperait " les jarrets " des hommes !), alors que Clemenceau et Foch pensaient que les " poilus " ne tiendraient plus longtemps.

Les conditions ont été très dures pour l’Allemagne.

-toutes les armes rendues (marine, aviation,…)

-évacuation de la rive gauche du Rhin (en Allemagne !)

Elle a été signée pour 36 jours et renouvelée jusqu’au 28 juin 1919.

Les Allemands sont amers ; le nouveau pouvoir politique républicain a accueilli ses soldats à Berlin en leur disant : " soldats, qui revenez invaincus ! ". Les généraux se sont défaussés et ont accusé les politiques de la défaite. C’est un " coup de poignard dans le dos " d’après Hindenburg qui avait pris soin de se mettre au second plan dès octobre et de ne jamais parler de défaite militaire.

Ce document permet d’évoquer la fin de la guerre mais surtout de montrer que l’Armistice puis la paix ont été ressenties comme une injustice par les Allemands vaincus et humiliés alors que leur sol n’a jamais été touché par les combats.

Note d’information indiquant au Préfet la nouvelle de l’armistice, communiquée par téléphone par le Sous-Préfet de Dax, [11 novembre 1918], RS 105.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

Armistice

Article "Le Communiqué de la Victoire", dans Le Républicain Landais, jeudi 14 novembre 1918, Per Pl° 75/42.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

Armistice

Le retour des combattants

Le retour des " poilus " est un soulagement pour toute la population landaise. Près de 12000 landais sont morts, toutes les familles ont été touchées parfois à plusieurs reprises, des fratries ont été décimées.

Les pouvoirs publics doivent aussi assurer le retour dans l’ordre et la discipline. Le " poilu " de retour est un héros pour quelques heures avant que la vie quotidienne ne reprenne. Il faut souligner le rôle de l’Eglise dans ces cérémonies avant tout républicaines et laïques. De nombreuses messes sont organisées un peu partout dans les Landes.

Côte d'argent - Escource (Landes). [Honneur aux Poilus] / Cl. Poumeyraud. – [S.l.] : Edit. Hontarrède, [191- ?]. – 1 impression photomécanique (carte postale), noir et blanc ; 9 × 14 cm (support), [1911]-[1920], 1 Fi 2032.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

retour des poilus à Escource (fête)

Retjons (Landes). La fête des poilus devant l'église, 19 octobre 1919 – 1 impression photomécanique (carte postale), noir et blanc ; 14 × 9 cm (support), s.d., 1 Fi 5612.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

1919, fête des poilus à Retjons devant l’église

Les poilus, martyrs de la République

Le " Républicain Landais " ne cache pas la joie et le soulagement de la population lasse de cette guerre qui s’expriment par 2 jours chômés et de liesse.

Les discours officiels justifient la guerre : c’était le combat de la liberté contre l’oppression et la barbarie allemande. Ce sont les mêmes arguments qu’en 1914 mais avec la victoire les discours officiels parlent aussi de châtiment et de vengeance. Le " poilu " est devenu un héros vivant mais encore plus mort. Il est alors devenu un martyr républicain de la liberté, du droit et de la justice. Mais le préfet montre aussi qu’il a pleinement conscience des souffrances endurées par les civils.

Le patriotisme est à son point culminant. Les alliés américains très présents dans les Landes sont à l’honneur.

Article "La Victoire à Mont-de-Marsan", dans Le Républicain Landais, dimanche 17 novembre 1918, Per Pl° 75/42.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

17/11/18, compte rendu du 11 novembre à Mont-de-Marsan

Les traités de paix

La signature officielle de la paix est un moment de liesse collective 8 mois après la fin des hostilités et l’Armistice. La plupart des villages organisent des festivités parfois couplées avec le 14 juillet. Ces manifestations sont par contre déjà très organisées et donc moins spontanées. Les points forts qui perdurent encore de nos jours sont déjà présents : recueil aux monuments aux morts (s’ils existent en 1919), retraite aux flambeaux, banquets et bals populaires. Le patriotisme est la valeur essentielle de ces journées de commémoration.

Ces documents permettent d’introduire les différents traités de paix qui ont conclu la guerre : traité de Versailles le 28/6 /1919 à 11h.11mn avec l’Allemagne suivi de celui de Saint-Germain- en -Laye avec l’Autriche, puis du Trianon avec la Hongrie et enfin celui de Neuilly avec la Turquie.

Plus tard ont été signés les traités de Sèvres (1920) et de Lausanne (1923) avec la nouvelle Turquie.

Article "La Signature de la Paix ", dans Le Républicain Landais, 3 juillet 1919, Per Pl° 75/43.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

3/7/19 : « signature de la Paix », festivités organisées à Mont de Marsan

Article "Pontenx-les-Forges - La fête de la Victoire", dans Le Républicain Landais, 20 juillet 1919, Per Pl° 75/43.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

20/7/19,fêtes de la Victoire à Pontenx- les- Forges le 14/7/19

B) LES HOMMES MOBILISÉS

Les permissions

Le régime des permissions a été mis en place à partir de juin 1915. Son mauvais fonctionnement est une des revendications des mutins de 1917. Amélioré à cette date le système a retiré en particulier les jours de voyage des journées de permissions ce qui n’était pas négligeable pour les mobilisés du sud de la France. Les permissions avaient une durée de 8 jours mais les hommes originaires des colonies ou des îles comme la Réunion ou les Antilles avaient un régime adapté. Dans certains cas très précis des permissions pour la durée des travaux agricoles étaient accordées en particulier pour les viticulteurs, le " pinard " nom donné au vin pendant la guerre étant essentiel. Les plus anciens pouvaient avoir aussi des permissions agricoles pour aider aux travaux ponctuellement.

(pour les permissions agricoles, voir documents, partie II, L’Arrière, C, le manque de main-d’œuvre)

Article de presse de Robert Deylis. Permission d’une semaine pour les poilus au Front, afin de revoir leur proche, s.d., RS 1074-2.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

Mise en place des permissions

Lettre du Colonel Pressoir aux officiers contrôleurs de la main d’œuvre agricole. Dénonciation d’abus de sanctions de "prison sans sursis", jugées trop sévères envers les agriculteurs détachés qui ne pourront pas participer aux travaux d’agriculture, 8 mai 1918, RS 709.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

sanctions trop dures contre des permissionnaires agricoles âgés

" Avis au public. Expédition de colis postaux à destination des militaires aux armées ". Affiche de texte noir sur fond beige, 3 octobre 1914. Ed. Ministère de la guerre. Bordeaux, impr. Delmas. 75 x 55 cm, RS 104.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

Colis postaux pour les militaires aux armées

La démobilisation

En novembre 1918 le retour dans leurs foyers des hommes doit être organisé. La vie sociale et économique du pays doit reprendre dans l’ordre et la discipline. Mise en place par le sous-secrétaire d’Etat Louis Deschamps la démobilisation s’est effectuée par ordre d’ancienneté. Si les régiments d’active n’ont été démobilisés qu’après la signature de la paix en juillet 1919, les classes d’âge les plus anciennes et les régiments territoriaux sont rentrés plus tôt.

La loi du 27/02/19 octroie aux hommes un pécule de 250 francs plus 20 francs par mois de service effectif effectués par les combattants ou 15 francs pour les autres dont les prisonniers. Les hommes sont en outre dotés au choix d’un costume civil ou d’une prime d’habit de 52 francs.

Lettre du Président du Conseil, Ministre de la guerre, Georges Clémenceau au général commandant de la 18ème région, ordonnant la démobilisation des classes âgées, 18 novembre 1918, RS 709.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

démobilisation des classes âgées

Article "La démobilisation", dans Le Républicain Landais, 15 décembre 1918, Per Pl° 75/42.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

conditions financières de la démobilisation

Le retour des soldats landais

La paix ayant été signée le 28 juin de nombreux soldats sont demeurés sous les drapeaux jusqu' en 1919. Le régiment des territoriaux, les hommes les âgés (de 36 à 48 ans), a été le premier à rentrer début 1919. Alors que les " vieux " étaient destinés à rester à l’arrière ils ont été en première ligne dès 1914. En tout état de cause l’engagement de ce régiment au combat justifie l’article du 12 janvier.

Le retour le 29 juillet du 34ème R.I. est, par contre, triomphal et les festivités organisées, cérémonies religieuses, défilé dans les rues, courses landaises, bals, etc, montrent de nouveau la joie de la population et le soulagement des hommes qui ont aussi participé au défilé du 14 juillet à Paris.

Le sermon de la cérémonie à la Madeleine a été prononcé par l’Abbé Bordes, aumônier du 34ème, blessé de guerre, qui a aussi été un héros de la résistance landaise puisqu’il est mort en déportation.

Le 34ème, qui faisaient partie de la 36ème division dite " Division Gascogne ", a participé aux combats les plus durs : Charleroi, la Marne, Verdun, Craonne, Champagne. Plusieurs fois décimé, il a du être reconstitué à plusieurs reprises jusqu’en 1918 où cela n’a plus été possible faute d’hommes valides de 20 à 25 ans dans les Landes. Sur les 3400 hommes partis en 1914, 23 sont revenus. Près de 12 000 landais sont morts au combat.

Article de René Boislaigue, "Le triste retour", dans Le Républicain Landais, 12 janvier 1919, Per Pl° 75/43.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

dénonciation des conditions scandaleuses du retour des territoriaux du 141ème par le journaliste

Article de René Boislaigue, "Le retour au dépôt des soldats mobilisés", dans Le Républicain Landais, 30 janvier 1919, Per Pl° 75/43.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

amélioration de l’accueil des soldats du 141ème à Mont-de-Marsan

Le bilan des victimes

L’article dresse un état des victimes à la date du 1er novembre 1918. Jusqu’au 11 novembre le nombre des victimes a, bien sûr, augmenté.

Le conflit a entraîné la mort de près de 9 millions d’hommes, les chiffres  pour la France sont les suivants: 8 410 000 mobilisés, 1 397 800 morts, 4 266 000 blessés.

Pourcentages : 16.6% de morts, 50.72 % de blessés (les morts des suites des blessures après 1918 ne sont pas comptabilisés), 22% des officiers dont 312 colonels et 41 généraux.

Quelques pourcentages par catégories socioprofessionnelles : 39% des domestiques, 17,18 % des professions libérales, 12.46 % des agriculteurs, 3.7% des fonctionnaires sont morts.

Mais aussi 50 % des instituteurs, 80 % des séminaristes, 893 polytechniciens…

Article "Les pertes françaises pendant la guerre", dans Le Républicain Landais, 29 décembre 1918, Per Pl° 75/42.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

déclaration du gouvernement concernant les pertes officielles au 1/11/18

C) L' ÉVOLUTION DE LA TECHNOLOGIE MILITAIRE : LES ORIGINES DE L'AÉRONAUTIQUE DANS LES LANDES

La première guerre mondiale, certainement plus que les autres, a été une guerre technologique et l’aviation est devenue une arme essentielle en 1918. Alors qu’en 1914 les avions avaient pour fonction des missions d’observation, en 1918 il y a aussi une aviation de chasse et des bombardiers.

Cependant l’armée de l’air a été seulement créée en 1934 car elle était rattachée auparavant à l’armée de terre.

Ce document permet d’introduire les progrès technologiques de l’armement (gaz, grenades à main, chars, lance-flammes...) durant la guerre.

Il permet un éclairage sur le département car le centre d’essais des Landes à Biscarosse a toujours une importance majeure pour l’armée de l’air française.

Il permet aussi d’évoquer la mémoire de Maurice Boyau, capitaine de l’équipe de Dax, international français dont la statue est à l’entrée du stade qui porte son nom à Dax. As de l’aviation avec 35 victoires (5ème rang français), il fut abattu à Mars-la–Tour en 1918. Le plus célèbre aviateur landais fut cependant Jean Navarre de Tartas, " la sentinelle de Verdun " dont les prouesses aériennes et les nombreuses victoires firent sensation jusqu’à une très grave blessure en 1916.

Lettre du commandant de l’École de tir aérien de Biscarosse au Préfet pour l’informer de la nécessité de recruter du personnel civil à l’annexe de l’école, 23 avril 1918, RS 105.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

création  de l’école de tir aérien de Biscarosse en 1918

D) SOUTIEN AUX MOBILISÉS, AUX BLESSÉS ET AUX MUTILÉS

Les mutilés de guerre

4 266 000 hommes ont été blessés dans le conflit. Il y a eu 300 000 mutilés et amputés et 15 000 " gueules cassées ". Certains " mutilés du cerveau " comme ceux qui ont été accueillis à l’hôpital psychiatrique de Cadillac en Gironde ont totalement perdu la mémoire. Le pays n’étant pas près à recevoir autant de blessés il a fallu trouver dans l’urgence des lieux capables d’accueillir des hommes hors de combat sur tout le territoire. Les progrès de la médecine ont fait que de nombreux blessés ont survécu à des blessures très graves avec des séquelles importantes. Ces hommes ont du être réinsérés dans la société après la guerre. Pensionnés, ils ont aussi bénéficié d’aides adaptées en particulier ceux qui ne pouvaient pas retrouver leur activité d’avant guerre : emplois " réservés " dans l’administration (en petit nombre), formation professionnelle pour les autres. La loi de 1923, destinée aux mutilés de 14-18, est une loi pionnière pour l’insertion des handicapés dans le monde du travail.

Télégramme officiel du Préfet aux maires du département pour demander si de grands immeubles peuvent être réquisitionnés pour constituer des hôpitaux américains et réponse positive du maire de Fargues, 20 et 29 mars 1918, RS 106.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

recherche d’immeubles pour les blessés américains en 1918

Lettre du médecin major Robin. Annonce de sa visite dans la commune de Peyrehorade pour optimiser l’accueil des blessés, 3 octobre 1914, RS 1074-1.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

recherche de locaux pour accueillir les blessés (dès 1914) en 1918

« Tableau [...] des objets recueillis sur les corps des militaires qui n’ont pu être identifiés jusqu’à ce jour et qui reposent dans des tombes individuelles exactement repérées ». Ministère des Pensions. [Paris], s.d., 52 x 80 cm, 4 Affi 156.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

ministère des pensions, tableau des objets retrouvés sur les corps des morts non identifiés

Lettre du ministère au Préfet. Reconnaissance de la Nation pour tous les mutilés de guerre, sans discriminations, 16 septembre 1915, RS 1074-2.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

protestations contre la recherche des opinions politiques d’un mutilé demandant un emploi

Affiche sur les mutilés de guerre. Rappel du Préfet à l’office national des mutilés et réformés de la guerre pour qu’ils s’inscrivent afin de leur assurer protection, 20 janvier 1919, RS 105.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

aide aux mutilés (1919)

" Avis aux militaires blessés ". Affiche de texte noir sur fond beige, 1916. Ed. Office national des mutilés et réformés de la guerre. Paris, Impr. nationale. 54 x 37 cm, Rs 682.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

1916, appareillage et formation professionnelle des soldats blessés

Le soutien aux poilus

Très vite les conditions de vie des mobilisés et en particulier ceux de l’infanterie ont provoqué des mouvements spontanés de soutien dans la population. Les hommes recevaient généralement aussi des colis des familles avec de la nourriture et des habits chauds en particulier.

Face à une guerre dont personne ne pouvait plus prévoir la fin, l’armée a fait face à des problèmes d’approvisionnement difficiles à résoudre parfois. Dans le but d’améliorer la vie des soldats des " journée du poilu " ont été organisées par le Parlement. Dans toute la France des objets commémoratifs étaient vendus (médailles, insignes, …) et les sommes récoltées servaient à améliorer la vie dans les tranchées.

Le succès de la première campagne a incité le Parlement à mener plusieurs journées. Par ailleurs des journées " des orphelins ", " de l’armée coloniale ", " de la Croix rouge et des prisonniers ", " des régions libérées " ont été organisées.

Réponse du maire de Peyrehorade au questionnaire de la préfecture sur le nombre de bijoux vendus à l’occasion de la Journée du Poilu, 19 janvier 1916, RS 105.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

vente d’objets pour la journée du « Poilu »

" Journée du poilu organisée par le Parlement ". Affiche illustrée en noir et rouge sur fond blanc de Charles Léandre, 25-26 décembre 1915. Ed. du Sénat et de la Chambre des députés. Paris, Impr. Devambez. 120 x 80, 2 AFFI 34.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

« journée du Poilu », organisée par le Parlement

Lettre du ministre de la guerre aux préfets leur demandant de trouver une solution pour remédier à la difficulté de trouver des sous-vêtements dans le commerce pour les prisonniers, 10 novembre 1916, RS 105.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

difficulté d’approvisionnement pour aider les prisonniers

E) LES PLANQUÉS, EMBUSQUÉS ET PROFITEURS DE GUERRE

L’embusqué, surnommé Jean des Embuscadins par les poilus, est celui qui adopte des stratégies de contournement pour éviter les combats. Qui est-il ? Il est censé se trouver dans les Etats-majors en compagnie des officiers supérieurs, il s’agit des ouvriers retirés du front pour retourner dans les usines, il s’agit de ceux qui ont eu de faux certificats médicaux. L’idée même de son existence est insupportable aux combattants pour qui l’égalité face à l’impôt du sang n’est pas respectée et qui ne supporte particulièrement pas la possibilité que sa femme soit sollicitée par un homme qui ne correspond pas à ce que doit être un homme  pendant la guerre : c’est à dire un combattant. Dans une France traumatisée, apparaît même une Ligue nationale contre les embusqués en 1915. Au même titre que les espions ou les profiteurs de guerre l’embusqué est un concept intolérable. Après guerre l’embusqué a été aussi accusé de prendre les meilleures places.

Il semble cependant qu’ils aient été dans l’ensemble très peu nombreux à esquiver volontairement le front.

Lettre du général Legrand. Décisions et mesures prises à la suite des plaintes contre les planqués, 30 septembre 1914, RS 1074-2.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

recherches des planqués

Courrier d’un secrétaire au sous-Préfet de Dax précisant qu’il ne s’est pas embêté à Dax, grâce aux " bonnes femmes de Dax ", recto, 17 juillet 1915, RS 1074-1.
©Girons Alain pour les Archives – Conseil général des Landes

lettre d’un « planqué »

Courrier d’un secrétaire au sous-Préfet de Dax précisant qu’il ne s’est pas embêté à Dax, grâce aux " bonnes femmes de Dax ", verso, 17 juillet 1915, RS 1074-1.
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lettre d’un « planqué »

Lettres du cabinet du sous-Préfet d’Orthez. Dénonciation de "planqués et profiteurs de guerre" en date des 1er et 2 janvier 1917, RS 1074-1.
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recherche « d’embusqués »

Article "L'impôt sur les bénéfices de guerre", dans Le Républicain Landais, 27 mars 1919, Per Pl° 75/43.
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création d’un service spécial au Parquet de la Seine (5ème section) pour rechercher ceux qui refusent de payer l’impôt sur les bénéfices de guerre