Connaître les Archives

Les Archives des Landes

Les Archives départementales sont la plus ancienne institution culturelle en activité dans les Landes. Son histoire se compose de 5 étapes importantes, jusqu'à aujourd'hui.

1795 - 1818 : les origines

Les Archives départementales, comme les Archives nationales, sont une création de la Révolution.Peu après la création des départements, le 26 février 1790, la remise aux nouveaux administrateurs des papiers des anciennes institutions supprimées est ordonnée le 20 avril. La loi du 11 septembre 1790 complète cette mesure en organisant la remise des papiers des assemblées provinciales et des juridictions supprimées, ainsi que des intendants et subdélégués. En vertu de la loi du 5 novembre 1790 les papiers saisis sont déposés au chef-lieu du district. La loi du 7 messidor an II (27 juin 1794) établit deux principes fondamentaux totalement innovants : les archives ainsi rassemblées appartiennent à la Nation et tout citoyen peut y avoir accès. Elle préconise en outre le triage de cette masse (ce qui entraîna souvent des éliminations intempestives, aujourd’hui regrettées). Dans les Landes, elle reçoit un début d’application dès le 2 ventôse an III (20 février 1795) : l’arrêté du Directoire du département qui organise les bureaux de l’administration prévoit une « place archiviste et premier commis » au sein du bureau du Secrétariat ; elle est confiée au citoyen Blousson qui, en contrepartie, doit recevoir 3 400 livres par an. On ne sait à peu près rien de lui ni de son action. Le 18 messidor an III (6 juillet 1795) trois préposés au triage des archives sont nommés, un par district, Vives, notaire à Mont-de-Marsan, Dousse, homme de loi à Dax, et Lamarque, avocat à Saint-Sever, ancien député à l’Assemblée constituante (le père du futur général Jean-Maximien). Mais il ne semble pas qu’ils aient effectivement exercé leurs fonctions. C’est cependant la loi du 5 brumaire an V (26 octobre 1796) qui est le véritable acte créateur des archives départementales : « Les administrations centrales du département feront rassembler dans le chef-lieu du département tous les titres et papiers dépendant des dépôts appartenant à la République ». L’administration centrale du département ne tarde guère à appliquer la loi du 5 brumaire an V, puisque, le 24 frimaire (14 décembre 1796) elle prend un arrêté qui stipule que « les titres et papiers appartenant à la République qui sont dans le département des Landes seront déposés dans une chambre du cy-devant district au département ».

Premier objectif : trouver une destination aux archives des administrations supprimées, des établissements ecclésiastiques saisis et des émigrés éventuel lien avec l'état des fonds, séries A à C, G et H. Deuxième objectif : prévoir la conservation des documents produits par les institutions nouvellement créées éventuel lien avec l'état des fonds, série K et L.

Dans les Landes, la plus ancienne trace de l'organisation d'un service d'archives par l'administration du département remonte à 1795. Mais ce service ne dispose pas de locaux adaptés avant 1818.Le premier lieu de conservation se trouve vraisemblablement auprès de l'administration départementale, dans l'ancien collège des Barnabites de Mont-de-Marsan (à l'emplacement de l'actuelle place du Général-Leclerc). La gestion des archives du Département ressortissant des prérogatives de l'État à partir de la création de l'administration préfectorale, en 1800, est étroitement rattachée à celle-ci. Dans les Landes, faute de locaux adaptés, cette administration doit se répartir entre plusieurs bâtiments de Mont-de-Marsan. Aussi, très naturellement, l'action volontariste du premier préfet, Méchin, pour doter le Département d'une préfecture, prend-elle aussi en compte les besoins des Archives. En juin 1806, en précisant le voeu qu'il avait formulé dès le 23 floréal an III (13 mai 1803) pour la construction d'un hôtel de la préfecture sur l'emplacement de l'ancien couvent des Clarisses, il mentionne explicitement le transfert dans ce futur bâtiment des bureaux et des archives de l'administration. Les Archives sont également présentes dans les éléments fondamentaux du programme que Napoléon 1er énonce en juillet 1808, par décret. Mais les vicissitudes du projet puis du chantier repoussent d'une dizaine d'années la livraison du bâtiment. Méchin, ayant réorganisé les bureaux de l'administration, par un arrêté du 26 germinal an VIII (16 avril 1800), nomme commis aux Archives un ancien militaire, Jean-Pierre Sentetz, avec traitement de 600 francs. Sentetz devait travailler de 8 h. à 12 h. et de 15 h. à 19 h. ; le public était admis de 11 h. à 12 h. et de 15 h. à 16 h. Un arrêté du deuxième préfet, Valentin-Duplantier, en date du 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803), confirme Sentetz dans ses fonctions. Nous ne savons à peu près rien de Sentetz, si ce n'est que les Archives subirent de grandes pertes alors qu'il était en fonction. En effet, en 1814, à l'approche de l'armée coalisée des Anglais, Espagnols et Portugais, l'administration eut la prudence d'évacuer sur Agen et Cahors, tout ce qui comptait, en particulier les fonds publics, les chevaux et les archives. Une lettre du secrétaire général, datée du 8 juillet 1814, se fait l'écho de ce transfert : « on jugea à l'approche de l'armée des alliés devoir déplacer tous les papiers de toutes les administrations publiques séant à Mont-de-Marsan. Tous ceux de la préfecture furent emballés et chargés sur différentes voitures pour être transportés à Agen. La terreur s'empara en route des conducteurs des dernières voitures. On leur dit que les Anglais étaient déjà fort près d'eux ; ils déchargèrent leurs voitures afin de pouvoir fuir plus vite ;  les caisses contenant les papiers furent laissés à la voirie (près de Saint-Justin). Elles furent ouvertes par des gens qui croyaient y trouver autre chose que des papiers ; les papiers furent dispersés ; ils ont été perdus. Dans cette perte sont la plupart des registres de l'état civil ; on en a retrouvé quelques-uns ». Marcel Gouron, dans son rapport annuel de 1925, cite les registres disparus, d'après un état qu'il a retrouvé au greffe de Dax. Toujours est-il qu'un certain nombre de caisses et de barriques remplies de papiers furent retournées à Mont-de-Marsan, cette même année 1814 ; elles furent ouvertes en présence de Sentetz. Entre-temps, Sentetz avait demandé l'allocation d'une pension de retraite. Le Conseil général, dans sa session du 22 mai 1813, décida de lui accorder 400 francs, en raison de ses infirmités et des services qu'il avait rendus. Sans doute Sentetz resta-t-il encore quelques années en fonction : il était toujours question de sa retraite en 1817. Au vu du nombre relativement faible de documents qui sont parvenus jusqu'à nous, nous pouvons supposer qu'il y eut beaucoup d'autres destructions. L'Annuaire des Landes s'en fait l'écho en 1858 : « Les archives du département des Landes ont éprouvé à des époques différentes des pertes bien regrettables. D'abord pendant la période révolutionnaire, elles furent abandonnées dans chaque district à la merci des pillards qui en ont distrait tout ce qu'elles renfermaient de plus curieux et de plus ancien [...] ». De plus, en ce qui concerne les archives provenant du diocèse, la mise en vente en 1823 à Mont-de-Marsan, à l'occasion de la réinstallation d'un évêque à Aire-sur-l'Adour, de la totalité des archives qui avaient pu être préservées, soit près de trois tonnes de documents dont une partie fut carrément brûlée, a privé les Archives départementales d'une source considérable.

Le couvent des Barnabites.
©Archives départementales-Conseil départemental des Landes

Le couvent des Barnabites.

1818 - 1838 : dans des locaux adaptés, des débuts difficiles

En 1818 les Archives des Landes s'installent dans la préfecture tout juste achevée, en même temps que le préfet et l'ensemble de ses autres services. Mais, dans ces locaux adaptés (les premiers spécialement construits pour les archives du département) de nombreuses destructions ont lieu et les Archives végètent en l'absence d'un personnel compétent.

Pour en savoir plus, faites connaissance avec les archivistes des Landes, Vincent et Sazy.

Cette période est assurément la plus sombre des Archives des Landes. Les collections paraissent avoir particulièrement souffert : l'archiviste Gouron rappelle, dans son rapport annuel de 1925, la destruction, en 1831, des rôles de la taille et de la capitation de 1645 à 1794. Peu à peu, le plus grand désordre s'installe dans les fonds. En 1833, le Conseil général est saisi par le Conseil d'arrondissement de Dax d'une demande d'allocation de 1500 francs devant servir à mettre en ordre les archives de la sous-préfecture, demande rejetée, attendu que les archives de la préfecture et celles de la sous-préfecture de Saint-Sever éprouvent le même besoin ! En 1834, le Conseil général, fait le choix d'une autre priorité et vote un crédit de 1500 francs, « considérant que le dépouillement et le classement des archives de la préfecture est d'une nécessité incontestable ». Un autre crédit de 1 500 francs est voté l'année suivante...

1838 - 1956 : fondation et professionnalisation des Archives des Landes

En 1838 toutes les Archives départementales sont mises à la charge des départements. Il faut attendre 1839 pour que les Archives des Landes soient réellement organisées. C'est Henri Tartière, en fonction de 1861 à 1898, qui s'impose au souvenir par la longueur de son action et surtout la qualité et la quantité de ses travaux de classements et inventaires. À sa suite, est nommé pour la première fois un professionnel, archiviste paléographe formé à l'École des Chartes, ce qui est désormais la règle.

Cinq autres archivistes paléographes se succèdent dans des locaux péniblement et insuffisamment agrandis pour atteindre à peine 3000 m de rayonnages et qui ne sont plus adaptés. Une équipe ne dépassant pas 3 agents se constitue progressivement pour les aider.

Pour en savoir plus, faites connaissance avec les archivistes des Landes, Calan, Bertrand, Tartière, Teulet, Aimès, Le Grand, Mangin, Betgé-Bréztez et Charnier.

1956 - 1974 : le premier bâtiment des Archives des Landes

De 1952 à 1966, Henri Charnier développe le service et lui donne une impulsion nouvelle. En 1956, par ses soins, la construction du premier bâtiment spécifique aux Archives des Landes, impulsée en 1952 par André Betgé-Brézetz, est menée à son terme.

Les Archives départementales quittent matériellement la préfecture mais pour ne s'en éloigner que de quelques mètres, impasse Montrevel, dans le plein centre médiéval de Mont-de-Marsan.

Sur quatre niveaux, le bâtiment, moderne et fonctionnel, offre 6 000 mètres de rayonnages ; jusqu'à 10 lecteurs peuvent être accueillis et les agents sont 5. Le nom de Michel Legrand lui est donné pour honorer cet archiviste des Landes mort sur le front en 1940. En 1966, les agents sont au nombre de 11 et le service a déjà un atelier de reliure ; le laboratoire photographique est créé en 1967.

Le premier bâtiment des Archives départementales des Landes comprend quatre niveaux de magasins et, en rez-de-chaussée, plusieurs bureaux et une salle de lecture. Il est situé à l'aplomb du rempart médiéval longeant la Douze, à égale distance de la préfecture et du site de l'ancien château de Nolibos, l'un des deux châteaux des vicomtes, puis du Roi (villa Mirasol).

Pouvant reprendre à un rythme soutenu, les versements sont traités et inventoriés par Charnier inlassablement. Il trouve encore le temps de créer un centre de documentation administrative et un atelier de reliure, de développer les acquisitions d'archives privées et la bibliothèque, tout en jouant pleinement son rôle dans la vie intellectuelle locale. Lorsqu'il quitte les Landes pour le Loiret, en 1966, son activité a été si grande que le dépôt est déjà à peu près rempli ! Les Archives emploient 11 personnes. S'il est bien sûr interdit de fumer dans les magasins, les tables de la salle de lecture sont généreusement pourvues de cendriers et certains directeurs donnent l'exemple. Charnier quitte les Landes pour le Loiret en 1966.

Pour en savoir plus, faites connaissances avec les archivistes des Landes, Charnier, Cavignac et Goyhenèche, et Massot.

Dépôt Michel Legrand.
©Girons Alain pour les Archives-Conseil départemental des Landes.

Dépôt Michel Legrand

1974 - 2006 : le deuxième bâtiment, une réadaptation à des besoins nouveaux

Accroissement des documents et émergence de besoins nouveaux nécessitent un agrandissement sur le même site, réalisé en 1973-1974. Changeant profondément d'apparence, c'est véritablement un deuxième bâtiment, ayant   9000 mètres de rayonnages (augmentés par la suite de 1 000 m.), offrant une salle de lecture agrandie (à son maximum de 19 places), de véritables salles d'exposition, un laboratoire photographique et un atelier de reliure. Des fonds plus variés entrent, notamment privés ; le public continue à croître et à se diversifier ; le service éducatif développe et varie ses activités. Le bâtiment reste tout proche à la fois de la préfecture et des services du Département qui se développent à proximité en conséquence de la décentralisation.

Depuis le 1er janvier 1986, en application des lois de décentralisation, les Archives départementales sont placées sous l'autorité du président du Conseil général. Dans les Landes elles font partie, effectivement à partir de 1995, de la direction de l'Éducation, des Sports et de la Culture, devenue direction de l'Education, des Sports et du Patrimoine en 2000.

Service du Conseil général, les Archives ont cette particularité que plusieurs de ses agents dont le directeur sont des fonctionnaires de l'État, mis à la disposition de la collectivité territoriale pour exercer simultanément le contrôle scientifique et technique de l'État sur les archives publiques.

Mais vingt ans après l'agrandissement les besoins ont évolué : les agents sont 28, la saturation des magasins est atteinte tandis que la capacité de la salle de lecture, réduite à 17 places, ne suffit plus à un public accru et qu'une mise en valeur adaptée à aujourd'hui n'est plus possible.

Pour en savoir plus, faites connaissance avec les archivistes des Landes, Maréchal, Mauduech, Suau, et Pons.

Lundi 10 octobre 2005.
©Pallas Brigitte.

Lundi 10 octobre 2005.

2007 : le nouveau bâtiment

 Pour répondre à ces besoins le nouveau bâtiment, historiquement le troisième, est construit de mars 2005 à janvier 2007. Hors du centre ancien mais à moins de 500 m du précédent bâtiment, il reste sur la même voie d'accès, l'une des principales de la ville, à proximité d'un grand nombre de services publics. Il offre 17500 m de rayonnages dans des magasins répondant aux conditions de conservation, des locaux de travail adaptés avec des ateliers agrandis, une salle de lecture de 50 places, une salle d'exposition plus grande et d'autres locaux de valorisation.

La future saturation des magasins se manifeste dès 1984. À partir de 1991, plusieurs solutions très différentes sont étudiées, dont un agrandissement sur place.

La décision d'une installation sur le site de l'ancienne caserne Bosquet, disponible à la suite de la dissolution du régiment, est prise au début de 2000. Les Archives quittant la ville médiévale, s'installent « extra muros » dans un quartier développé à partir de la fin du XIXe siècle sur l'ancienne commune de Saint-Médard.

A l'issue d'un concours d'architecture le choix s'est porté en février 2002 sur l'agence de Nathalie Larradet, à Pau.

La réutilisation, en partie, de l'une des ailes de l'ancienne caserne, bâtie à la fin du XIXe siècle, a été une contrainte forte du projet.La construction ancienne a permis l'application du principe de la « double peau » (un espace vide aménagé entre deux parois) comme une aide pour atteindre les températures et degrés d'hygrométrie nécessaires à la conservation des documents ; l'inertie de ces matériaux traditionnels de la construction ancienne favorise cet objectif.

Cette aile abrite dorénavant les magasins des documents tandis qu'une construction moderne est dévolue au traitement des archives ainsi qu'à leur communication et leur valorisation.

Le nouveau bâtiment des Archives départementales des Landes offre plus de   5000 m2, dont près de 2500 m2 de magasinsL'ensemble des magasins est à une température et un taux d'hygrométrie adaptés à la conservation des documents. Deux magasins particuliers sont réservés aux documents sur supports magnétiques et photographiques., prévus pour conserver environ 17500 mètres linéaires ; ils sont pour les deux cinquièmes équipés de « rayonnages compacts ». Les espaces prévus pour accueillir ordinairement le public occupent 950 m2, dont une salle de lecture de plus de 300 m2, une salle d'exposition de 100 m2, une salle de 120 m2, modulable en deux espaces, pour des conférences, projections et travaux de groupes. Hors espaces de circulation les espaces de travail du personnel occupent près de 800 m2, dont une salle de tri et de conditionnement d'environ 100 m2 et un laboratoire photographique également de 100 m2.

Quelques chiffres

28 agents oeuvrent aux Archives des Landes. 2 sont des fonctionnaires d'État (ministère de la Culture), mis à disposition du Département pour exercer le contrôle scientifique et technique sur les archives publiques, et 26 sont des fonctionnaires territoriaux.

Au sein du bâtiment leur action s'exerce sur
- plus de 9000 mètres linéaires ;
- plus de 20000 documents graphiques et iconographiques ;
- près de 80000 m de microfilms ;
- environ 22000 monographies et plus de 1400 titres de périodiques, dont environ 200 en cours. 

Le plus ancien document original conservé aux Archives des Landes est seulement de 1253 ; sur parchemin, il contient la ratification d'une donation faite en 1233 par un certain Arnaud, Raymond, homme d'armes originaire de Dax, au bénéfice de l'hôpital du Saint-Esprit, à Dax (H 243/2)

En 2005 :

- 1232 lecteurs (dont 790 généalogistes, soit 64 %, 309 personnes venues effectuer d'autres recherches historiques, soit 25 %, et 133 personnes ayant effectué des recherches administratives, soit 11 %) ont consulté 21372 articles (dont 4806 microfilms, soit près de 22 % des articles communiqués) auxquels s'ajoutent 474 microfilms envoyés en communication à l'extérieur.

- 407 recherches ont été faites en réponse à des demandes écrites (dont 131 concernant l'histoire locale).