Connaître les Archives

Les archivistes des Landes

L'histoire des Archives des Landes peut se lire au travers des portraits d'archivistes qui se sont succédés! Une histoire d'hommes et de femmes, à lier à la rubrique Les Archives des Landes.

1795 - 1818 : les origines

Sentetz

Méchin, ayant réorganisé les bureaux de l’administration, par un arrêté du 26 germinal an VIII (16 avril 1800), nomme commis aux Archives un ancien militaire, Jean-Pierre Sentetz, avec traitement de 600 francs. Sentetz devait travailler de 8 h. à 12 h. et de 15 h. à 19 h. ; le public était admis de 11 h. à 12 h. et de 15 h. à 16 h. Un arrêté du deuxième préfet, Valentin-Duplantier, en date du 1er vendémiaire an XII (24 septembre 1803), confirme Sentetz dans ses fonctions.
Nous ne savons à peu près rien de Sentetz, si ce n’est que les archives subirent de grandes pertes alors qu’il était en fonctions. En effet, en 1814, à l’approche de l’armée coalisée des Anglais, Espagnols et Portugais, l’administration eut la prudence d’évacuer sur Agen et Cahors, tout ce qui comptait, en particulier les fonds publics, les chevaux et les archives. Une lettre du secrétaire général, datée du 8 juillet 1814, se fait écho de ce transfert : « on jugea à l’approche de l’armée des alliés devoir déplacer tous les papiers de toutes les administrations publiques séant à Mont-de-Marsan. Tous ceux de la préfecture furent emballés et chargés sur différentes voitures pour être transportés à Agen. La terreur s’empara en route des conducteurs des dernières voitures. On leur dit que les Anglais étaient déjà fort près d’eux ; ils déchargèrent leurs voitures afin de pouvoir fuir plus vite ;  les caisses contenant les papiers furent laissés à la voirie (près de Saint-Justin). Bientôt après, elles furent ouvertes par des gens qui croyaient y trouver autre chose que des papiers ; les papiers furent dispersés ; ils ont été perdus. Dans cette perte sont la plupart des registres de l’état civil ; on en a retrouvé quelques-uns uns ». Marcel Gouron, dans son rapport annuel de 1925, cite les registres disparus, d’après un état qu’il a retrouvé au greffe de Dax… Toujours est-il qu’un certain nombre de caisses et de barriques remplies de papiers furent retournées à Mont-de-Marsan, cette même année 1814 ; elles furent ouvertes en présence de Sentetz.
Entre temps, Sentetz avait demandé l’allocation d’une pension de retraite. Le Conseil général, dans sa session du 22 mai 1813, décida de lui accorder 400 francs, en raison de ses infirmités et des services qu’il avait rendus. Sans doute Sentetz resta-t-il encore quelques années en fonction : il était toujours question de sa retraite en 1817.

1818 - 1838 : dans des locaux inadaptés, des débuts difficiles

Vincent

Le successeur de Sentetz, Vincent, apparaît pour la première fois dans un arrêté du préfet d’Haussez, en date du 30 décembre 1817 : on le désigne alors comme « sous-chef à la première Division et archiviste ». Ses horaires sont différents de son prédécesseur puisqu’il travaille sans interruption de 8 h. à 16 h. ; le public n’est reçu qu’à partir de 15 h. Sentetz est un peu mieux connu que son prédécesseur. En 1811, il est commis assermenté au greffe du tribunal civil de Mont-de-Marsan. Chef de la sous-préfecture de l’éphémère premier arrondissement (celui de Mont-de-Marsan) l’année suivante, il occupe cette charge jusqu’à la suppression de la sous-préfecture, pour devenir alors archiviste de la préfecture. L’Annuaire de 1822 précise : « Monsieur Vincent, archiviste. Classement de tous les papiers, titres et registres formant les archives du département. Délivrance des expéditions demandées ». Dans l’Annuaire de 1825, l’archiviste est appelé Vincent-Rosset ; il y a de fortes présomptions pour qu’il s’agisse du même. Lorsque, âgé et malade, il demande une pension de retraite en 1829, ses appointements sont 1 020 francs par an ; par arrêté préfectoral du 21 octobre 1829, une pension de 295 francs lui est accordée. L’œuvre de Sentetz et de Vincent n’a laissé aucune trace. Nous ne savons même pas quel était le volume de leurs archives. Ont-ils effectué quelques classements ? Il est impossible de le dire et tous deux sont à peu près tombés dans l’oubli. Pourtant, leurs trente années de fonctions semblent un âge d’or si l’on compare aux dix années qui devaient suivre.

Sazy

Par arrêté préfectoral du 4 novembre 1828, Sazy est nommé chef de bureau du Secrétariat et archiviste adjoint, avec un traitement de 1 000 francs. Un arrêté du 6 juillet 1830 le nomme archiviste ; il reçoit alors 1 100 francs. Bezin qui l’assiste reçoit 400 francs. Le 31 décembre 1830 un nouvel arrêté désigne Sazy comme chef adjoint à la 1ère division, chargé des archives, avec traitement de 1 140 francs et Bezin est « commis d’ordre » aux archives. Bezin apparaît dans les Annuaires jusqu’en 1841 ; il est employé au Secrétariat général, dont dépendent les Archives. Il semble qu’il n’y ait pas eu de véritable archiviste pendant cette décennie : plusieurs employés de la préfecture ont sans doute été chargés des Archives, à tour de rôle ou simultanément.

1838 - 1956 : les véritables fondateurs

Calan

Le préfet des Landes se réclame de la nouvelle loi dans son rapport au Conseil général de 1838 : « La loi du 10 mai dernier a mis à la charge du département la garde et la conservation des archives. Avant que cette dépense eût été déclarée obligatoire vous en aviez, Messieurs, reconnu toute l’importance, toute l’utilité, et vous aviez voté aux budgets de 1834 et de 1835 une allocation annuelle de 1 500 francs pour dépouillement extraordinaire des archives. Monsieur Calan fut, comme vous le savez, chargé de ce travail mais […] sa mort vient beaucoup trop tôt priver l’administration du seul homme qui pût répondre à ses désirs. Depuis ce moment, les archives sont demeurées dans la situation où Monsieur Calan les avaient [sic] laissées. Un employé est chargé de maintenir l’ordre dans ce qui a été classé, de réunir les collections de tous les documents [sic] … que reçoit ou que publie l’administration, d’enregistrer et de conserver les arrêtés du préfet et du Conseil de préfecture, les procès-verbaux d’installation des fonctionnaires publics, les délibérations du Conseil général. C’est par son intermédiaire que les bureaux reçoivent, lorsqu’il est possible de les retrouver, les pièces… C’est à lui que s’adressent les personnes intéressées à faire des recherches… ». Nous ignorons tout de ce Calan ; sans doute un employé de la préfecture, au même titre que Sazy et Bezin. Le préfet poursuit son rapport en ces termes : « les registres, papiers et actes de l’administration départementale sont entassés pellemele [sic], sans classement et sans ordre [sic]. Il est urgent de porter remède à pareil état de chose ». Après discussion, le Conseil général décide de voter un nouveau crédit de 1 500 francs « pour traitement d’un employé chargé exclusivement de la garde et conservation des archives et du classement des vieux papiers […] ». Mais, l’année suivante la situation reste inchangée et le préfet précise qu’aucun homme capable d’assumer les fonctions d’archiviste n’a été pressenti. Les archives restent confiées à un employé de la préfecture, sans doute Bezin, mentionné dans l’Annuaire des Landes comme archiviste jusqu’en 1841, bien que le nom d’un autre archiviste apparaisse avant cette date.

Bertrand

C’est en effet le 1er novembre 1839 que Jean, Édouard Bertrand est nommé archiviste. Des renseignements précis existent sur son activité grâce à l’enquête sur les Archives départementales réalisée par le ministère de l’Intérieur en 1857. Né en 1808, cet ancien sous-officier de cavalerie, détaché au dépôt de recrutement des Landes, n’a aucun titre littéraire ni scientifique qui le prédispose à ses fonctions ; il n’a passé aucun examen avant sa nomination et n’est l’auteur d’aucune publication. Alors que les affaires relatives aux archives communales et hospitalières sont traitées par d’autres bureaux de la préfecture, il est chargé des archives départementales et de la bibliothèque administrative. Seul employé des Archives, travaillant de 9 h. à 16 h. et recevant le public de 12 h. à 16 h., il perçoit un traitement de 1 500 francs. On lui doit une réorganisation du service et le classement de beaucoup de fonds, travail suffisamment avancé pour que l’inventaire sommaire des archives antérieures à 1790 soit soumis au Ministère et approuvé en 1855. Les versements de la préfecture sont effectués régulièrement. Les collections semblent entretenues : « jusqu’à ce jour, les anciens titres ont été enliassés et rangés sur des rayons mais des mesures viennent d’être prises pour pouvoir sous peu renfermer dans des cartons ». Les Archives, enfin, sont relativement fréquentées : de 1843 à 1856, 380 recherches ont été faites par des particuliers et 1813 par l’administration. L’œuvre de Bertrand lui vaut les éloges du secrétaire général. Dans l’annuaire de 1858 des précisions sont données : allusion y est faite au cadre de classement uniforme pour toutes les Archives départementales, entré en vigueur en 1841 et les collections sont ainsi décrites : « Au nombre des papiers antérieurs à 1790 figurent dans les archives départementales des Landes plusieurs édits, ordonnances… des rois François 1er, Henri II, …Louis XVI ; des parchemins concernant 6 abbayes, entre autres celles de Saint-Sever, Sainte-Claire de Mont-de-Marsan et Saint-Jean-de-la-Castelle, le chapitre de la cathédrale de Dax, 14 couvents ou communautés religieuses et quelques seigneuries. Certains titres paraissent remonter au XIème siècle. Les papiers modernes sont plus considérables… ». Enfin, la mission des Archives est clairement énoncée : « un archiviste spécial est institué dans chaque département. Ses fonctions comprennent la conservation et la mise en ordre des papiers […], confection des inventaires, les communications et expéditions des pièces… ».

Tartière

Henri Tartière, son successeur en 1861, continue son œuvre, en étant également chargé des archives communales et hospitalières. Son œuvre est bien connue, en particulier par les rapports annuels adressés au préfet. Les versements se poursuivent en nombre important, comme ceux mentionnés dans le rapport de 1864 : « Des envois considérables de dossiers, ayant été faits par les bureaux […] j’ai dû procéder au classement de ces dossiers, après un triage préparatoire destiné à les débarrasser d’un certain nombre de papier superflus […] ». Ne se contentant pas d’amasser des dossiers, l’archiviste trie, élimine, classe. Le même rapport précise : « […] Le nombre de dossiers classés s’est élevé à 497, concernant presque toutes les séries [… ]». Tartière travaille en particulier sur la série L, qu’il classe entièrement, mais dont l’inventaire est ultérieurement repris et profondément modifié par Mangin. Parallèlement, il procède à l’inspection des archives des communes, des hôpitaux et des sous-préfectures. Mais son œuvre est essentiellement consacrée aux archives anciennes. Si l’ « Inventaire sommaire des archives antérieures à 1790 », paru en 1868 et 1869, est peut-être en partie la reprise du travail de Bertrand, son  introduction fort documentée sur l’histoire des Landes est bien l’œuvre de Tartière dont l’érudition est louée par ses contemporains. Ses rapports sont les premiers à décrire le bâtiment : en 1891, six pièces sont affectées aux Archives et semblent suffisantes. Seule la mort, en 1898, met fin à son activité inlassable menée près de quarante ans durant.

Teulet

Pour la première fois, en 1898, un archiviste paléographe, élève de l’École des Chartes, est nommé aux Archives des Landes. C’est dorénavant la règle. Raymond Teulet, issu de la promotion de 1880, a acquis son expérience aux Archives nationales. Le récolement qu’il effectue à sa prise de fonction dresse une situation des Archives des Landes singulièrement en contradiction avec les rapports optimistes d’un prédécesseur resté en place peut-être trop longtemps et qui n’avait aucun point de comparaison professionnel. Les collections, entassées dans quatre salles, le cabinet de l’archiviste et une pièce contiguë, sont à l’étroit ; il y règne un désordre inimaginable (une même travée contient des dossiers de presque toutes les séries ; des liasses sont posées à même le sol, d’autres sur l’appui des fenêtres). Bien que l’ensemble ne soit pas encore très important (778 portefeuilles, 2 559 registres, 4 773 liasses, 81 rouleaux, 7 627 volumes et brochures), le problème des locaux est aigu et l’aménagement de nouvelles salles en 1903, puis en 1907, ne suffit pas. Le projet de construction d’un nouveau dépôt, adopté sur le principe par le Conseil général en 1905, est ajourné peu après. Entre 1911 et 1913, les locaux sont transformés (c’est probablement à ce moment qu’ils sont recoupés pour créer un entresol) et les collections réaménagées ; la place fait cependant toujours défaut. L’archiviste découvre la présence de termites ; il appelait également l’attention du préfet sur l’absence à peu près totale de moyen de lutte contre l’incendie. Dans ces conditions difficiles, Teulet n’en poursuit pas moins l’œuvre de ses prédécesseurs en matière de versements et de classements et inspectent régulièrement les archives communales. Ayant pris sa retraite en 1925, il meurt l’année suivante.

Gouron

Son successeur, Marcel Gouron, trouve des collections considérablement accrues : « Mon premier soin, en prenant possession de mon service, fut d’établir un état de récolement. Les résultats globaux ont été les suivants : les six salles du dépôt, les quatre salles de l’annexe et les deux cabinets des greniers offraient un total d’environ 2300 mètres installés. Sur les rayons étaient placés 4175 registres, 7196 liasses, 91 rouleaux, 1344 volumes imprimés… ». De toute évidence, la place manque : « Les compressions opérées ont permis cette année encore de recevoir les versements ; l’an prochain, il n’en serait plus de même si le rayonnage n’était pas augmenté ». Deux ans plus tard, dans le rapport sur l’exercice 1926-1927, la situation décrite n’est pas moins alarmante : « Le problème de l’insuffisance du local domine toute la marche de ce service ». Les rayonnages représentent 2700 mètres et les collections sont dispersées, il est impossible d’accueillir les versements… Gouron se consacre donc à des gros travaux de classement, dresse les répertoires des séries K et S et de la sous-série 2 C, entame largement ceux des séries B et U. Nommé archiviste du Gard en 1928 il ne peut achever ces travaux. Ce n’est qu’en 1928 qu’un auxiliaire assistant l’archiviste apparaît dans les rapports.

Aimès

Paul Aimès le remplace. Le problème de l’insuffisance du dépôt reste entier malgré la pose, en 1928-1929, de 700 mètres de rayonnages supplémentaires dans une annexe de la préfecture. Le Conseil général n’envisage toujours par la construction d’un dépôt neuf. Aimès termine le répertoire de la série U, commencé par son prédécesseur ; il dressa également les répertoires de la série Q et de la sous-série 4 E. Il quitte les Landes en 1931, pour devenir archiviste de la Corse.

Le Grand

Michel Le Grand, conservateur aux Archives nationales, prend sa suite. Malgré le manque de place, il accueille des versements toujours plus importants et reçoit des archives communales en dépôt. Grâce à lui, un premier fonds d’archives privées très important, la collection d’un érudit landais, l’abbé Vincent Foix, entre aux Archives en 1935, constituant la sous-série 2 F. Il en réalise le répertoire trois ans plus tard. La publication des répertoires dressés par ses prédécesseurs pour la série U et la sous-série 4 E est également son œuvre. Dans le même temps, il donne des conférences aux Écoles normales et écrit de nombreux articles qui font connaître ses qualités de grand historien. Il quitte Mont-de-Marsan en 1938 et devient archiviste de la Marne. Son nouveau département ne profite que bien peu de ses compétences et de son dévouement car il est tué le 8 juin 1940 à Merval.

Mangin

Joseph Mangin qui lui succède se heurte, comme tous ses prédécesseurs, à des difficultés matérielles à peu près insurmontables. Il réussit cependant à accueillir des fonds ; en 1938, il reçoit en don le remarquable fichier généalogique d’un érudit de Saint-Sever, Léon Léon-Dufour, et le réunit aux nombreux dons consentis auparavant par le célèbre érudit pour former ainsi la sous-série 1 F dont il dresse le répertoire. Il publie par ailleurs le répertoire de la sous-série 2 F, termine celui de la série B et dresse celui de la série L. Bien que nommé aux Archives des Hautes-Pyrénées en 1947, il continue à assumer la direction de son ancien dépôt jusqu’en 1949. L’archiviste a un à deux collaborateurs, selon les vacances de postes.

Betgé-Brézetz

Comme Joseph Mangin ne trouve toujours pas de remplaçant, André Betgé-Brézetz, archiviste en chef de la Gironde, est chargé d’un long intérim qu’il assure en faisant preuve d’une présence remarquable. Le dépôt est complètement saturé. C’est lui qui obtient du Conseil général la construction d’un bâtiment neuf, adoptée en 1952.

Charnier

En octobre de la même année, Henri Charnier, juste sorti de l’École des Chartes, est nommé mais pour partir effectuer son service militaire un mois plus tard. Pendant un an il ne peut donc réellement assurer la direction des Archives (à l’étonnement des Archives de France !) même s’il y consacre un temps important ; aussi Betgé-Brézetz doit reprendre son intérim jusqu’en 1953. Le nouveau bâtiment est construit entre 1953 et 1954.

1956 - 1974 : le premier bâtiment des Archives des Landes

Cavignac et Goyhenèche

Jean Cavignac, conservateur adjoint aux Archives de la Gironde, est chargé d'un intérim de quelques mois, jusqu'à l'arrivée d'Eugène Goyhenèche, venu lui aussi des Archives de la Gironde. Il crée l'atelier de microfilm (dont les activités se sont ensuite étendues à celles d'un véritable laboratoire photographique). Par ailleurs, à la suite de Cavignac, Eugène Goyhenèche élabore un projet d'agrandissement du dépôt, entièrement rempli en 1968. Le terrain nécessaire est acquis lorsqu'il quitte les cadres de la direction des Archives de France pour devenir maître-assistant de civilisation basque à la Faculté des lettres de Pau, en 1968.

Massot

Après un nouvel intérim de Cavignac, Mireille Massot, précédemment directeur des Archives des Hautes-Alpes, est nommée dans les Landes. Tout en continuant d'importants travaux de classement dans les séries modernes, elle poursuit l'élaboration du plan d'agrandissement. Lorsqu'elle quitte Mont-de-Marsan pour les Archives municipales de Nice, en 1972, les crédits nécessaires à l'opération sont votés et les plans approuvés.

1974 - 2006 : le deuxième bâtiment - une réadaptation à des besoins nouveaux

Maréchal

Nommé en octobre 1972, Michel Maréchal voit aboutir les efforts de ses prédécesseurs par l'agrandissement du bâtiment réalisé en 1973-1974. Une extension vers l'est et une surélévation d'un étage portent la capacité des magasins de 6000 à 9000 mètres de rayonnages et offrent des espaces nouveaux. La capacité est ensuite augmentée de 1000 m. par l'installation de rayonnages supplémentaires. Les travaux sont l'oeuvre du cabinet montois de Guenin et Girard. Ces nouvelles conditions permettent de reprendre une politique suivie de versements.

Mauduech

Ayant quitté les Archives des Landes pour celles de la Seine-Saint-Denis en janvier 1977, Michel Maréchal est remplacé un mois plus tard par Gérard Mauduech, précédemment conservateur adjoint aux Archives de la Seine-Maritime. Celui-ci, nommé directeur des Archives du Jura en septembre de l'année suivante, est remplacé à partir de décembre par Bernadette Suau.

Suau

Née Bernadette Noulens le 3 septembre 1942, à Mirande (Gers), d'une famille pour partie landaise. Bernadette Suau devient archiviste paléographe en 1971 avec une thèse sur La ville de Rodez au milieu di XVe siècle. Après un an aux Archives nationales, elle entame une brillante carrière d'archiviste départementale, d'abord comme adjointe dans l'Eure (1972), puis comme directrice dans les Landes (1978). Elle réussit à mener à bien d'importantes campagnes de classement des fonds modernes, donne une nouvelle ampleur à la collecte, non seulement de documents publics mais aussi privés. Elle inscrit pleinement le service dans la vie culturelle du département en développant les actions de valorisation et en menant des travaux scientifiques, souvent en étroite collaboration avec son mari, Jean-Pierre Suau, maître de conférences en histoire de l'art. Leur rôle est déterminant pour la création de l'association des Amis des églises des Landes (AEAL), en 1982, de l'Association landaise de recherches et de sauvegarde (ALDRES) et de l'association des Amis des Archives des Landes (AAL), en 1984. Pour la première fois les Archives des Landes accueillent en stage des archivistes paléographes. Elle quitte les Landes en août 1992 pour prendre la direction des Archives de la Haute-Garonne où elle termine sa vie professionnelle en 2003. Dans chacun des trois départements elle exerce aussi les fonctions de conservateur des antiquités et objets d'art. Membre de plusieurs sociétés savantes, elle publia de nombreux instruments de recherche et dirigea plusieurs ouvrages historiques sur les départements des Landes et de la Haute-Garonne. Son implication dans la vie scientifique lui avait valu les distinctions de chevalier de l'Ordre national du Mérite (2004, de chevalier de l'Ordre des Palmes académiques (1988 et de chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres (1981) ; le prix de la marquise de Maillé lui fut décerné par la Sauvegarde de l'art français (1979). décédée le dimanche 8 décembre 2013, elle est enterrée à Hinx dans le département des Landes.

Pons

Le directeur des Archives départementales du Gers, Pierre Debofle, assure l'intérim. Jacques Pons, conservateur adjoint des Archives du Loiret (principalement sous la direction d'Henri Charnier), est nommé directeur des Archives départementales des Landes en février 1993. Le rangement sur les rayonnages existant est réorganisé pour « tenir » jusqu'à un agrandissement ou à la construction d'un bâtiment neuf, tandis que les salles de lecture et d'exposition sont provisoirement remises à neuf. La vacance prolongée de postes d'État qui jusqu'ici assuraient essentiellement l'encadrement du service, oblige à un renforcement des cadres territoriaux. Le service s'informatise, en faisant le choix du logiciel Arkhéïa et d'un autre logiciel spécifique à la bibliothèque. Jacques Pons a pris les fonctions de directeur des Archives départementales des Pyrénées Atlantiques le 1 mars 2015, est remplacé par Alice Motte le 1er juillet 2015.