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L'Adour, aller au fil de l'eau

L'Adour, aller au fil de l'eau

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Historiquement, les voies d'eau ont participé, voire déterminé l'aménagement et le développement des territoires. La disponibilité de la ressource en eau et le transport fluvial ont conditionné l'installation et le développement des cités landaises. De la même manière, l'installation et le déploiement des activités économiques sont intimement liés à la ressource en eau. Sur le fleuve Adour et ses affluents, les aménagements pour tirer parti de la ressource et de la force du courant ou s’en prémunir sont nombreux, et sont souvent réalisés sous l’impulsion des autorités, qu’elles soient seigneuriales au Moyen Age, religieuse ou, après la Révolution, administrative.

Descendre et remonter le fleuve, passer d’une rive à l’autre a longtemps été une nécessité pour assurer les liens entre les populations, les territoires et réaliser les échanges commerciaux.

Naviguer sur le fleuve, c’est adapter son embarcation à la particularité du fleuve, ses courants, ses vents, sa profondeur… « Fleuve vagabond », il apparaît comme une passerelle pour le département, et non une frontière. Du XVIIe au XIXe siècle, le commerce fluvial est un des plus actifs avec un échange transversal de l’amont vers l’aval de productions locales et régionales et de l’aval vers l’amont de denrées étrangères, induisant ainsi des aménagements. L’Adour devient ainsi la voie principale d’un trafic vivrier, fleuve de grand cabotage avec une batellerie qui lui est propre. Mais comme tous les grands fleuves de l’hexagone, l’Adour va aussi être l’acteur des grands échanges commerciaux transatlantiques au XVIIIe siècle. Mais, avec l’arrivée du chemin de fer dans les années 1860 et la modernisation des routes, l’activité commerciale de l’Adour va diminuer au profit d’une « activité loisir » autour de laquelle, demeure croyances et magie de l’eau.

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Aménager

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1- « Plan du cours de l’Adour aux abords du pont de Saint-Sever » dressé par le géomètre Jalleret, 37,8 x 99 cm, 1818. AD 40, 2 S 1298.

Sur le fleuve Adour et ses affluents un grand nombre d’aménagements, certains très anciens, facilitent l’exploitation des eaux et du courant. La plupart d’entre eux ont plusieurs objectifs : stabiliser le lit du cours d’eau ; augmenter la vitesse d’écoulement en rendant le tracé plus rectiligne ; la ralentir en barrant la rivière totalement ou en partie afin d’établir une dérivation dans des canaux artificiels. Certains aménagements sont voulus par les autorités et modifient considérablement la physionomie du fleuve et de ses affluents.

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1- « Plan du cours de l’Adour aux abords du pont de Saint-Sever » dressé par le géomètre Jalleret, 37,8 x 99 cm, 1818. AD 40, 2 S 1298. 2- « Grenade-sur-l’Adour (Landes) - Digues de Saint Maurice », Cliché J. Tapie Lectoure, Edition Serres Tabacs, [1901-1910].3- « Projet d’un barrage en charpente et pierres sèches avec passelis ou pertuis en maçonnerie à construire sur le Haut-Adour pour améliorer la navigation », 46 x 60,7 cm, 1936. AD 40,  9 S 114.4- Vue des portes des Barthes de Saubusse-les-Bains, été 2019. © France Rosmann.5- « Plan des lieux » du canal du moulin de Sorde établi à l’occasion d’ « un litige entre les Sieurs Castets et Barrère, meuniers associés, demeurant à Sorde et le Sieur Dufour, propriétaire, demeurant à Estibeaux, Dax, 12 avril 1883. AD 40, 10 U 106- « Plan général du Canal des Petites Landes entre Mot-de-Marsan et Lavardac», 54 x 90 cm, 1815-1843. AD 40,  9 S 117.

Naviguer

Naviguer

© Paysbasque 1900.

Descendre et monter le fleuve, passer d’une rive à l’autre furent longtemps des nécessités pour assurer le lien entre les populations, les territoires, et réaliser des échanges commerciaux. Utiliser les ressources halieutiques a été essentiel pour subvenir à l’alimentation, longtemps réglée par l’Église qui imposait 146 jours « maigres » par an, c'est-à-dire sans viande. Cependant, par ses régimes différents et sa morphologie même, l’Adour n’était et n’est toujours pas navigable sur l’ensemble de son réseau, d’où le recours à la route et aux chemins charretiers. C’est dans un triangle compris entre Saint-Sever, Mont-de-Marsan et Bayonne que le fleuve a longtemps été emprunté comme voie de déplacement et de commerce. La partie navigable au XIXe siècle a progressivement été réduite à la zone comprise entre Port-de-Lanne et l’embouchure, soit 35 kilomètres. Pendant des siècles, une multitude de bateaux et de bateliers sillonnent le fleuve, aidés parfois par les hommes et leurs bêtes, qui du chemin de halage, assistent les équipages dans la traction et les manœuvres.

Il est aujourd’hui difficile d’imaginer la diversité des bateaux qui empruntaient le fleuve...

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1- « Plan du cours de l’Adour depuis Naguille jusqu’au Boucaut - Vue générale et détails de la batellerie fluviale » dressé par Nicolas Flambergue, peintre flamand, 145 x 475 cm, 1610. Bibliothèque municipale de Bayonne, C 5 FR.2- Vue d’un chaland retrouvé à Saint-Vincent-de-Paul lors de fouilles archéologiques et prospections visuelles en 2007. © Gilles Kerlorc’h.3- Une pitre (grandes gabares) transportant des boeufs et des personnes, reproduction d’une plaque de verre en noir et blanc, 13 x 18 cm, Saint-Laurent-de-Gosse, 1882. AD 40, 84 Fi - Don d'Emmanuel Chauchat et de son fils Aymeric, descendants Trubert4- « Peyrehorade (Landes) - Le port -  Pujo, Bazar Bayonnais », [Entre 1900 et 1905].  AD 40,  1 Fi 2353.

Produire, échanger

Produire, échanger

Produire, échanger

Dès le Moyen Âge les flux commerciaux sur la partie navigable de l’Adour et certains de ses affluents se développent comme en témoigne l’activité portuaire de Mont-de-Marsan à partir du XIIIe siècle sur la Midouze. En attestent aussi les conflits qui opposent au XVIe siècle les négociants de Bayonne et les seigneurs qui contrôlent le fleuve et perçoivent des péages sur la navigation et le transport de marchandises. Ces flux connaissent une importance considérable à partir du XVIIe siècle (consulter la carte illustrant  l’apogée commerciale de l’Adour du milieu du XVIIe siècle au début du XIXe et le tableau des flux commerciaux sur l'Adour).
En fonction des aires de provenance et de distribution des marchandises on peut distinguer trois types de flux commerciaux qui ont évolué selon les époques :

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1- « Peyrehorade (Landes) - Place de la Liberté - Le marché », n°153, G. Pondarré et fils éditions, Orthez (B.P.), [1901-1910]. AD 40, 1 Fi 51262- « Bidache (Basse-Pyrénées) - Un coin de la carrière de M. Dubarbier », cliché Ouvrard, Edition A. Laborde. AD 64, 8 Fi 0012800999.3- Un terre-neuvas devant le quai de Lesseps à Bayonne, avant 1914. AD 64, 3 Fi 66.4- « Bayonne - Le Port, côté de la Place d’Armes », PP édition. AD 64, 8 Fi 1020068.5- Un tesson de faïence provenant de la manufacture royale de Samadet retrouvé à Mées lors de fouilles archéologiques. © Gilles Kerlorc’h.

Traverser

Traverser

Vue du pont maçonné de Saubusse, été 2019. © Catherine Ducruix

Après avoir dévalé de ses sources montagnardes, l’Adour, dans le département des Landes s’écoule dans une plaine à l‘inclinaison est-ouest dans laquelle la vallée fluviale ne fait pas une incision très profonde. Elle sépare des rives dont les paysages ruraux sont semblables même si la rive gauche présente quelques abrupts, premier étage du piémont pyrénéen. Sur l’ensemble de ce trajet jusqu’à l’embouchure, le fleuve est moins une séparation entre les deux rives qu’un espace d’eau aux contraintes particulières que les riverains apprivoisent et qu’ils vont traverser longtemps.

Longtemps les hommes s’adaptèrent au fleuve et à ses contraintes en fonction des saisons qui rythment la vie agricole et rurale.

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1- Vue d’un gué naturel à Souprosse, 2019. Coll. particulière Jean-Pierre Brèthes.2- « Grenade-sur-l'Adour (Landes) - Rue Droite », La Burthe éditeur, [1911-1920]. AD40, 1 Fi 2084.3- « Labatut (landes) - Bac sur le Gave », [1911-1920] AD40, 1 Fi 614.4- « Plan, coupe et élévation d’un pont à construire sur la rivière de l’Adour qui longe la ville de Grenade », dressé par l’ingénieur des Ponts-et-Chaussées, 36 x 105 cm, 12 pluviôse an X de la République française (1er février 1802). AD 40, 2 S 1190 5- « Roquefort (Landes) - Le Pont de l'Estampon », [1911-1920]. AD 40, 1 Fi 3766.6- Vue du pont maçonné de Saubusse, été 2019. © Catherine Ducruix.

Embarquer, débarquer

Embarquer, débarquer

« Les Pyrénées illustrées. 315 - Peyrehorade - Le Quai », [1900 - 1907]. AD 40, 1 Fi 3682

Ancienne, la navigation sur l’Adour connaît une croissance importante aux XVIIe et XVIIIe siècles puis décline au siècle suivant. Les activités nécessaires au commerce fluvial se concentrent dans les ports de différentes villes ou bourgs riverains de l’Adour et de ses affluents importants, Midouze et Gaves-Réunis. Ils dépendent de la configuration du cours d’eau, de l’environnement économique immédiat et des liens pouvant s’établir avec des axes de circulation locaux et régionaux. Le développement du port nécessite l’organisation d’activités et des aménagements sur les quais et les rives. Accostage, mouillage des bateaux, embarquement, déchargement des marchandises, stockage nécessitent des infrastructures mais aussi la présence d’une main d’œuvre plus ou moins qualifiée pour assurer activités commerciales, manutention des marchandises, navigation proprement dite, entretien des embarcations et contrôle de la circulation. D’où, tout proches des quartiers accueillant infrastructures et main-d’œuvre : quais, cales, entrepôts, chais et greniers, logements, lieux de vie et de divertissements. À partir de 1830, les Ponts-et-Chaussées landais prévoient de nombreux aménagements afin de soutenir la navigation commerciale sur l’Adour.

Ces ports sont plus ou moins actifs et de ce fait leur quartier portuaire ne se développe pas de la même façon. Ainsi les ports urbains de Mont-de-Marsan et de Dax, au cœur de leur ville, se distinguent nettement des ports ruraux par l’importance de leurs infrastructures, l’organisation du quartier, la diversité de la main-d’œuvre.

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1- « Plan d’une partie du port de commerce de Mont-de-Marsan depuis la calle de Laburte jusqu’à celle de Peyrère relatif au barrage fait à la descente de la fontaine de Rigolle », 66 x 106 cm, 1827. AD 40, PL 8705.2- « Les Pyrénées illustrées. 315 - Peyrehorade - Le Quai », [1900 - 1907]. AD 40, 1 Fi 3682.3- « Bidache - Le départ du Vapeur », Edition Bordenave. AD 64, 8 Fi 00112801021.4- Plan de la cale de Mugron dressé par l’ingénieur ordinaire, 51,5 x 91,5 cm, 1848. AD 40, 3 S 128/7.5- Vue du Port de Bayonne, lithographie couleur, 40 x 55,5 cm. AD 64, 9 Fi 10.6- « Les jetées de Bayonne - vue d’ensemble », lithographie noir et blanc. AD 64 CCI, 3 Fi 469.

S'émouvoir et imaginer

S'émouvoir et imaginer

S'émouvoir et imaginer

Les fleuves trouvent leur place dans l’imaginaire des hommes. S’ils exercent une certaine attirance, inspirent poètes et peintres, ils sont aussi source de peurs, de répulsion parfois. Leurs eaux recèlent des mystères, elles soignent (sources miraculeuses et thermalisme), abreuvent, nourrissent et fertilisent les rives (barthes), mais leurs forces parfois dévastatrices déclenchent peurs et désarroi. Cette ambivalence entre confiance et méfiance conduit l’homme à vouloir les comprendre, les surveiller, pour enfin espérer les maîtriser. Il en est ainsi pour l’Adour.
Parmi les populations riveraines on trouve bateliers, pêcheurs, marins.

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1- Vue d’une bénédiction de bateaux à Urt, 5 août 2018. © Sophie Lefort.2- Vue de l’ex-voto d’une galupe exposée à l’église de Saubusse Urt, 2019. © Sophie Lefort.3- « Dax - Les Baignots sur les bords de l’Adour dominé par la Tour de Borda », Edition A. Cazenave, [1911-1920]. AD 40, 1 Fi 290.4- « Mont-de-Marsan- Les Bords de la Midouze, concours de pêche à la ligne », Edition Nouvelles Galeries de Mont-de-Marsan, [1901-1910]. AD 40, 1 Fi 891.5- « Vue du cortège présidentiel et de la fête de l’Adour et de la Nive lors de la visite du Président de la République Raymond Poincaré à Bayonne, 6 octobre 1913. © Paysbasque 1900.6- Toupiades trouvées dans le lit de l’Adour à Dax.© musée de Borda - Dax - photo Alban Gilbert.7- «Tartas - Mât de Cocagne de la Midouze », Collection J.P, [1911-1920]. AD 40, 1 Fi 2521.8- Maison « Les Platanes » de l’écrivain Pierre Benoît, célèbre écrivain au début du XXe siècle, juin 2020. © Ville de Saint-Paul-lès-Dax.

Les auteurs

Les auteurs

Dans le cadre de l’exposition « Adour, d’eau et d’hommes » présentée aux Archives départementales des Landes, un conseil scientifique composé de deux historiennes et d’un géographe a été retenu afin de rédiger une synthèse autour de trois grandes thématiques que sont « La ressource », « Le courant » et « Le chemin de l’eau » dans lesquelles vous aurez plaisir à découvrir de nombreux chapitres sur l’histoire du fleuve Adour.

Les Archives départementales, la direction de la culture et du patrimoine ainsi que le Conseil départemental des Landes tiennent à adresser leurs remerciements aux différents auteurs pour la qualité de leurs textes

  • Madame Chantal Boone est docteur en histoire contemporaine (Ecole des hautes études en sciences sociales, Paris) et spécialiste en histoire de la médecine et des sciences biologiques au XIXe siècle. Professeur en immunologie puis en histoire et géographie, elle a été enseignante au service éducatif des Archives départementales des Landes. Retraitée de l’Education nationale, elle est l’auteur de deux ouvrages, Léon Dufour (1780-1865), savant naturaliste et médecin et Hommes de sciences dans les Landes aux XVIIIe et XIXe siècles et codirectrice de publication des Actes du colloque Herbiers, trésors vivants.
  • Docteur en histoire (Université de Pau et des Pays de l’Adour), madame Sophie Lefort-Lehmann est spécialiste du patrimoine fluviomaritime. Enseignante en tourisme, histoire et patrimoine à Bayonne, elle occupe le poste de médiatrice culturelle pour le Pôle Patrimoine et l’Office de tourisme de la Ville de Bayonne. Elle est également l’auteur d’articles dans les revues Historia et Arcades.
  • Agrégé de géographie, monsieur Jean-Jacques Fénié a enseigné la géographie et la géopolitique du monde contemporain en CPGE (classes préparatoires aux grandes écoles) à Pau, puis à Bordeaux. Membre du conseil scientifique de l’exposition « Adour, d’eau et d’hommes », il est l’auteur de nombreuses publications dont le Dictionnaire des pays et provinces de France co-écrit avec son épouse Bénédicte Fénié, L’invention de la Côte d’Argent suivi du Vocabulaire de la Côte d’Argent, etc. Il est membre de la Société de Borda et correspondant de presse pour le journal Sud-Ouest où il assure aussi la rubrique hebdomadaire Parlam gascon.

Les Archives départementales remercient également tout particulièrement l’Institution Adour ainsi que son Président, Paul Carrère et Aurélie Darthos, directrirce générale des services techniques pour leurs investissements, disponibilités et l’écriture de la dernière partie de cette publication de synthèse.